Sissi

SISSI – Elisabeth, Duchesse de Bavière, Impératrice d’Autriche

INTRODUCTION

sissi16ans2okLe mariage la décevra, les rites de Cour l’écraseront, les honneurs l’horripileront et les voyages qu’elle entreprendra ne lui permettront ni de fuir ce qui l’outrage, ni d’atteindre cette paix avec soi qu’elle quête inlassablement.
Son existence, qui se déroule dans un décor brillant et factice, lui apportera le chagrin et la désillusion. Tout s’ordonne autour d’elle comme une tragédie dont l’intérêt se ménage et dont l’horreur croît d’acte en acte. Du sang, il y en aura partout autour d’elle; les êtres qu’elle aimera, elle les perdra l’un après l’autre. Dans la violence volontaire ou subie. Le Destin, impitoyable, achèvera le crescendo en la livrant, elle-même, au poignard d’un assassin. Mais la majesté de son rang et la noblesse de son cour, malgré la cruauté des coups qui l’ont frappée, ne sauraient empêcher, que l’on continue à l’appeler familièrement Sissi.

SON ENFANCE

Époux volage, le duc Max est un père excellent. Féru d’astronomie et de botanique, il apprend à ses huit enfants, le jour, le nom des plantes, la nuit, celui des étoiles, ces deux catalogues naturels si considérablement fournis. Il leur récite des vers et leur conte ses souvenirs. Aussi, en est-il adoré. Mais sa prédilection va à Sissi, son « enfant de Noël ». Les affinités sont, entre eux, manifestes. Ils ont l’un et l’autre le même goût de la vie indépendante, éprouvent le même sentiment de la nature, partagent la même répugnance pour la convention, l’hypocrisie, l’étiquette et le cérémonial. Ce père débonnaire et bohème est pour elle un compagnon bien plus qu’un éducateur. Il ne la prépare aucunement à la vie qui sera la sienne. Il est vrai qu’il ne pouvait deviner qu’elle serait, vue du dehors tout au moins, si brillante et tellement « hors série ». Inconsciemment il a développé en elle des goûts libres qui devaient, par la suite, lui interdire d’être heureuse dans la condition impériale à laquelle elle sera appelée. Les penchants naturels d’Elisabeth exigeaient d’être contrariés alors qu’ils ont, au contraire, été flattés au-delà de toute mesure par un père qui en manquait totalement.
possenhofenokEn 1834, le duc Max a acheté le château de Possenhofen, une vieille bâtisse rectangulaire de pierres rouges, dont les angles se durcissent de tours crénelées, vestiges d’une défense devenue inutile, qu’entoure un parc aux oiseaux bocagers et que baignent les eaux froides du lac de Starnberg.
C’est là que désormais la famille ducale passera ses étés, dans le calme champêtre de ce cadre de prés fleuris, de bouquets d’arbres et d’eaux dormantes.
Pour les enfants, c’est le vert Paradis. Le temps que n’occupent pas les moroses leçons de leur gouvernante, la baronne de Wulfen, ils l’emploient à courir au gré d’une fantaisie qui ne connaît pas d’autre limite. Le duc Max apporte avec lui la gaîté, le mouvement et aussi le désordre. Sa maison est celle du Bon Dieu : on y ignore la contrainte. Le maître est indulgent et distrait, les domestiques sont rares, familiers et dévoués, les animaux eux-mêmes ne connaissent aucune barrière et nul ne vient déranger les chiens qui dorment insouciants sur les fauteuils tapissés du salon.
Les étés de Possenhofen, « Possi », comme on dira bientôt, ont fortement marqué le caractère d’Elisabeth. Toute enfant, elle y a joué dans la basse-cour avec les poules et les lapins. Plus grande, elle y prendra le goût des longues marches, en robe de paysanne, dans les herbes folles ou au gré des sentiers écartés, et la passion des courses à cheval qui grisent d’air et d’espace et font oublier le temps.
Comme son père, elle adore les chevaux et comme lui, les monte superbement. La nature l’enchantera, avec la splendeur de ses aurores et la magnificence de ses couchants, le murmure des sources, l’ombre secrète des forêts, le mystère des plans d’eau qui semblent être la porte lisse d’un monde interdit. Sissi s’évanouit entre les arbres comme une sylphide et plonge dans les lacs comme une ondine. C’est toute une mythologie qu’elle évoque avec la grâce de son être, la légèreté de sa démarche, la vivacité de son allure et cette façon à elle d’appuyer à peine sur le soi qui la porte.
Elle est parente du vent, des fleurs, des arbres, des étoiles. Le duc Max, qui lui fera en définitive tant de mal pour avoir voulu lui faire trop de bien, a au moins le mérite de lui apprendre à marcher : « Il ne faut pas se traîner, disait-il, on doit avancer comme si on avait des ailes ». Cette aisance qui donnera, plus tard, à la souveraine une grâce éthérée, lui permet de glisser sur le monde des choses comme ces esprits aériens qui peuplent les comédies féeriques de Shakespeare, avant de devenir le personnage central du drame que, venu plus tard, il n’aurait pas manqué d’écrire.
On devine sa tristesse quand, à l’approche de la mauvaise saison, il lui faut renoncer à cette vie champêtre et libre, quitter ce vieux château un peu délabré mais si cher et si aimé, dire adieu aux chevauchées éperdues, aux promenades en bateau, aux baignades, aux jeux et aux ris, pour retrouver Munich, sa froideur pétrie, sa société gourmée, son amidon et son ennui. C’est pourtant, dans ce Munich officiel, à un bal de la Cour, le premier peut-être, que Sissi sentira pour la première fois son cœur battre autrement que parce qu’elle a couru trop vite, ou que son cheval s’est emporté.
Le journal qu’elle tient alors en grand secret et qu’elle cache au fond d’un tiroir, porte témoignage d’une ébauche d’idylle avec un jeune homme dont nous savons seulement qu’il est comte et se prénomme Richard. Il ne semble pas que l’attrait ait été réciproque; la mort prématurée de ce jeune fat, qui ignore sa chance, évitera le malentendu et sans doute aussi l’opposition de la famille. Sissi nous a laissé à ce propos, des vers qui ne révèlent peut-être pas le don poétique d’une Louise Labbé, dont elle ne connaîtra pas l’expérience amoureuse, mais qui ont le ton de la confidence et ne manquent pas d’accent.
Sissi ne fera pas  » signe d’amante « .
Elle connaît, cependant, un moment de mélancolie qui lui fait goûter et aimer Heine, qui deviendra son poète de prédilection, le Heine des « junge Leiden » et du « Lyriches Intermezzo ». Elle a alors quinze ans. La vie fera mieux pour sa gloire, sinon pour son contentement intime.

AUTRICHE

L’année 1848 est pour la Maison d’Autriche une année d’épreuve et de deuil. Devant la Révolution triomphante, la Cour doit quitter Vienne à deux reprises, une première fois pour se réfugier à Innsbruck, dans le Tyrol, la deuxième fois pour s’installer à Olrnütz en Moravie.
Le 2 décembre 1848, au palais archiépiscopal d’Olmutz, devant un parterre d’archiducs, de maréchaux, de prélats, de ministres, de dignitaires de tous ordres, Schwarzenberg peut lire, à la lumière d’un jour blafard, la déclaration que l’Empereur Ferdinand vient de signer: « Des motifs graves Nous obligent à déposer la couronne impériale en faveur de notre bien-aimé neveu, Son Altesse impériale et royale l’archiduc François-Joseph, après que notre frère bien-aimé S.A.I.R. l’archiduc François-Charles a renoncé pour lui-même en faveur de son fils précité à tous les droits successoraux que lui conféraient les Règles de notre auguste Maison. »

SON ADOLESCENCE

FIANÇAILLES

Lors d’une visite à Berlin, en 1852, le jeune empereur a trouvé fort à son goût Anna, la nièce du roi Frédéric-Guillaume IV. La reine de Prusse n’est-elle pas sa sœur ? Elle se trompe; en dépit de ses manœuvres et malgré son insistance, Berlin se dérobe. L’archiduchesse se tourne alors vers la Bavière, alliée catholique naturelle contre les visées prussiennes sur l’Allemagne du sud. Elle pense à Hélène, sa nièce, la fille aînée de sa sœur Ludowika. On imagine avec quel empressement et avec quelle joie, la demande est accueillie: François-Joseph épousera, en effet, sa cousine, à cela près que la cousine sera, non pas Hélène, mais Sissi. Le duc Max n’a, lui, pas voulu quitter sa campagne. Sissi, on ne sait exactement pourquoi, est du voyage. Est-ce pour qu’elle retrouve son cousin Charles Louis, le cadet de François-Joseph, qui éprouve pour elle une vive affection et qui la comble de petits cadeaux d’enfant ? Est-ce pour qu’elle rencontre sa marraine, la reine de Prusse qui est aussi attendue à Ischl ? Quoi qu’il en soit, nul n’aperçoit, alors, l’étincelle du pétard qu’on vient d’allumer.
franssissirodsophieokQuand il voit Sissi, François-Joseph se rend compte qu’elle est plus jolie que sa sœur. Des yeux magnifiques d’un brun velouté, une peau très blanche, une abondante chevelure auburn en un beau désordre, une silhouette mince et élancée, un rien de négligé qui ajoute au charme en donnant de la vie, et par-dessus tout, quelle grâce! A côté d’elle, Hélène dont la beauté est plus sévère et l’élégance plus conventionnelle, qui soigne sa toilette et arrange sa coiffure – son trousseau est fourni, alors que sa sœur doit se contenter d’une unique robe couleur de pêche, donne une impression de froideur et de sécheresse. Pour François-Joseph, c’est le coup de foudre. Dès le lendemain matin, il entre dans la chambre de sa mère et lui déclare tout net qu’il épousera Sissi et non Hélène que pour comble on appelle ridiculement « Néné ». Hélène est plus âgée, plus stable, mieux préparée à la vie qui l’attend, alors que Sissi n’est qu’une gamine. Raisons, objurgations, prières, menaces même, ne viennent pas à bout de l’entêtement de ce fils respectueux qui, pour la première fois, ce sera malheureusement la seule, résiste à une mère qu’il révère et qu’il craint et à qui, il le sait bien, il doit d’être aujourd’hui empereur. Il lui faut être bien amoureux pour oser affronter, le jour même où il atteint ses vingt-quatre ans, ce potentat en jupon qui ne manque certes pas de cœur, mais qui place au plus haut la règle, la forme, la hiérarchie et les convenances.
Le plus surpris, c’est ce bon duc Max, dans sa gentilhommière, quand il reçoit le télégramme: « L’Empereur demande la main de Sissi et ton consentement ». Il croit d’abord à une erreur de transmission et demande une confirmation qu’il obtient. Il ne semble pas qu’il ait éprouvé beaucoup de joie de voir sa fille préférée, son enfant de Noël, sa rose de Bavière, celle qu’il sent et qu’il sait si semblable à lui, s’engager dans une vie fausse, pompeuse, minutée, impersonnelle. Qu’en pense Sissi? François-Joseph est certes séduisant: bel homme, aussi bon danseur que parfait cavalier, il porte avec aisance l’uniforme blanc, rouge et or à la tunique corsetée.

SON REGNE

LES PRÉPARATIFS DU MARIAGE

Les princes ne se marient pas aussi vite que la canaille. Petite, son institutrice devait parfois l’attacher à sa chaise pour qu’elle se tint tranquille. Elle est brillamment douée pour les lettres et pour les langues et se prête docilement, mais un peu tristement, à la recherche du temps perdu.
signature1okEn octobre, François-Joseph vient à Possenhofen, passer dix jours auprès de sa fiancée. Ce sont des promenades à travers la campagne jaunie par l’été et dans les bois dont le feuillage, en ce début d’automne, se colore de teintes éclatantes comme d’un fard pour masquer sa mort prochaine. Le fiancé, esprit positif, n’aime pas plus la nature, en dehors de la chasse, qu’il ne goûte les ouvrages de l’imagination et les travaux de la pure pensée. A Noël, nouvelles retrouvailles pour l’anniversaire de Sissi, ses 16 ans! Le trousseau avance. Les couturières ont du mérite car Sissi fuit les essayages. La dot de la future est modeste, à la mesure de la fortune de ses parents – 50.000 florins (soit 93.000 francs de Germinal) remis dès l’acte « par amour et affection paternels ». L’empereur compense par une donation de 100.000 ducats (1.185.000 francs de Germinal) auxquels s’ajoutent les 12.000 ducats du « Morgengabe », le cadeau du matin, indemnité que l’époux verse à l’épouse pour prix de la virginité qu’elle a perdue dans la nuit. La pension annuelle de l’impératrice s’élève aussi à 100.000 ducats qui représentent « les épingles » pour la toilette et les aumônes. Ce chiffre sera en fait et de beaucoup dépassé. Le 29, aux termes d’une déclaration solennelle, l’archiduchesse Elisabeth renonce à ses droits éventuels à la couronne de Bavière. Sissi a changé de patrie.

LE VOYAGE VERS VIENNE

sissimagyarokLe 20 avril, c’est le départ de Possenhofen. Joie de la famille qui, en voiture au grand complet cette fois, avec un peu de mélancolie, sans doute, au cour du duc Max, et quelque amertume dans celui de « Néné » . Elle se consolera quatre ans plus tard en épousant le prince de Thurn et Taxis qui, à défaut d’une couronne, possède l’une des plus belles fortunes d’Allemagne. Quant à Sissi, ce qu’elle éprouve a été admirablement pressenti par le ministre de Prusse qui, quelques jours plus tôt, écrivait à son souverain: « la jeune princesse semble appréhender la prochaine séparation de sa famille et de son pays: une ombre légère assombrit sa rare beauté ». Le carrosse ducal que tirent six chevaux traverse une Bavière décorée et enrubannée. Chaque village coiffe la route d’un arc de triomphe de feuilles vertes et dresse le long du parcours des mâts où pendent des couronnes de fleurs. La voiture doit s’arrêter et ses occupants subir de bonne grâce le chant des enfants des écoles, l’hommage des notables et le discours du maire. François-Joseph est venu accueillir sa fiancée à Linz, où la famille ducale couche, pour reprendre aussitôt la route de Vienne. A Schönbrunn, la règle reprend ses droits. Ses trois dames d’honneur sont présentées à l’impératrice du lendemain: la vieille comtesse Esterhazy et ses cadettes, les comtesses de Lemberg et de Bellegarde.
Alors qu’elle est brisée de fatigue et d’émotion, la pauvre Sissi reçoit au moment où elle gagne ses appartements, deux mémoires, l’un portant sur le « Cérémonial pour l’entrée solennelle de S.A.R. la sérénissime princesse Elisabeth duchesse en Bavière », l’autre exposant dans tout son détail « le Cérémonial pour le mariage de sa Majesté Impériale et royale François-Joseph »… Chacun des participants est à la fois acteur et spectateur et sa personnalité temporairement s’abolit. On pense bien que Sissi n’est aucunement préparée à cette discipline et que sa nature ne la dispose point à s’y soumettre.

LES NOCES

carrosseokElles se déroulent en deux temps; les deux temps prévus par les Mémoires sur lesquels la future Impératrice a pâli: l’entrée solennelle à Vienne le 23 avril, la cérémonie religieuse le 24. L’entrée à Vienne consiste à se rendre en grande pompe de Schönbrunn, le palais que Marie-Thérèse fit élever à la limite de la ville et qui s’épanouit comme Versailles au milieu des jardins, à la Hofburg, ce vieux château qui sent encore la forteresse et dresse sa masse austère au cœur de l’Altstadt. La société viennoise d’alors, qui mêle la joie de vivre au respect des usages, compte quatre classes, une première société qui comprend la noblesse ancienne, les grands dignitaires et les riches propriétaires. Cette société-là est dans le cortège; une actemariageokdeuxième société faite des nouveaux barons, des industriels, des financiers. Ces gens-là ont loué les fenêtres et des balcons, comme des loges de théâtre. Les moyens et petits bourgeois, les « Biedermayer », comme on les appelle alors du nom d’un personnage créé par le romancier Pfau et qui est l’exact pendant, dans son contentement de lui, du joseph Prud’homme d’Henry Monnier, n’ont pas craint, ce jour-là, de confondre dans la rue, leur tube et leur redingote sombre à la blouse et à la casquette des ouvriers. Le silence se fait cependant un moment, quand, à sa descente de carrosse, comme la portière est aussi basse que celle d’une voiture moderne, son diadème heurte le toit et menace de tomber. Une ombre alors sur son visage et son sourcil se fronce.
sissirobemarieeokLe lendemain, le cortège se reforme pour aller cette fois de la Hofburg à l’église des Augustins où le prince archevêque-cardinal Rauscher doit bénir les époux. Sissi s’avance, grande, svelte, pâle et belle dans l’église dont les murs sont tendus d’une tapisserie rouge où se fond la robe des prélats. La lueur pâlotte des cierges, la gravité des chants, l’attitude compassée des officiants offusquent ce climat d’allégresse qu’appellent les hyménées. A droite, dans la nef, côté des hommes, se pressent les uniformes dorés et chamarrés des généraux et des diplomates, les livrées de la force et de la ruse, les crachats de brillants qui rehaussent les grands cordons, les tenues rouge et blanc des Autrichiens, les dolmans bordés de fourrure des Hongrois, les brandebourgs des Polonais. Les têtes les plus chenues sont aussi les plus ornées. Ce qui autorise un témoin à comparer, avec plus d’esprit que de galanterie, les diadèmes à des lanternes sur des démolitions. Les badauds émerveillés se pressent aux portes pour acclamer ce couple impérial, à la vérité, si charmant de jeunesse et si rempli de gracieuse majesté qui retourne à Schönbrunn dont les grilles demeurent ouvertes et répond pendant près d’une heure par des sourires et des saluts de la main aux vivats d’une foule inlassable et trépignante. Douze pages porteurs de flambeaux conduisent à pas lents et en grand cérémonial les époux à leur chambre nuptiale. A ce moment se lève, au dehors, un vent violent qui renverse les cheminées des maisons et arrache les branches des arbres.

REINE DE HONGRIE

HONGRIE

sissimereheureuseokSi Vienne, légère, raille la défaite en couplets moqueurs, Budapest reprend sa vieille et patriotique chanson. Les Hongrois se partagent en deux tendances rivales – les irréductibles qui veulent couper tout lien avec l’Autriche et que Kossuth excite de son exil de Florence; les modérés, Deak et Andrassy qui sont prêts à la conciliation. François-Joseph a, en la circonstance, une inspiration heureuse. Il envoie sa femme calmer les esprits et préparer un accord; il lui demande, en propres termes, d’être son avocat. Sissi arrive, avec ses deux enfants, comme pour signifier qu’elle se met sous la protection du peuple qui l’accueille, dans ce pays qui n’a pas oublié sa clémence et où elle est aimée et admirée. Andrassy tombe sous son charme. Elle-même ne demeure pas insensible à la séduction de celui qu’on appelle « le beau pendu » depuis son exécution en effigie. L’Impératrice sait le convaincre que dans l’union avec l’Autriche, sous le sceptre des Habsbourg, la Hongrie peut trouver le moyen d’affirmer sa personnalité nationale. La persévérance de Sissi finira par triompher des atermoiements de François-Joseph et de la résistance de la Cour que l’archiduchesse Sophie tient encore en mains. L’Empire d’Autriche et le royaume de Hongrie formeront désormais deux monarchies inséparables, héréditaires dans la postérité mâle de la Maison de Habsbourg. Il n’y aura qu’un État au regard du droit international, mais chaque pays obtient son gouvernement propre et ses assemblées particulières.

LE COURONNEMENT

couronnesokLe 8 juin 1867, François-Joseph et Elisabeth sont couronnés roi et reine de Hongrie à la cathédrale Szent Istvan de Budapest. Le cadre est d’une rare grandeur et la cérémonie se déroule avec un exceptionnel éclat. C’est le triomphe de Sissi, de sa beauté, de son intelligence, de sa patience et de sa générosité. Elle a, selon le rite séculaire, vérifié la veille le manteau de saint Etienne et reprisé les bas tricotés par la reine Gisèle et que le roi portera pour le couronnement. Autour d’eux les magnats se pressent, épanouis dans leurs costumes d’apparat, brodés et fourrés, serrés dans leurs culottes collantes, bottés de cuir souple et coiffés de toque de velours aux longues aigrettes. Le cérémonial respecte le rite des vieux âges. François-Joseph reçoit la couronne des mains d’Andrassy qui tient lieu de palatin ou vice-roi de Hongrie. Les cris redoublent quand le couple royal quitte la cathédrale et se confondent avec les derniers accords des orgues. Sissi a, ce jour, oublié son horreur du cérémonial. Elle est toute à ce peuple qui lui rend son amour et lui dit toute la ferveur de la « Magyarorszag ».
Dressé sur ses étriers, il dessine avec son épée une croix dans l’air, selon les points cardinaux, et prête serment de défendre la constitution magyare contre ses ennemis. Elisabeth a contemplé le déroulement de ce rite, symbolique d’une tribune ornée de fleurs blanches et bleues, couleurs héraldiques de Bavière. Sissi choisit pour lectrice une jeune hongroise de modeste lignée, disgraciée de visage autant que pauvre de kreutzers, mais intelligente et fine, Ida de Ferenczy, qu’Andrassy lui a recommandée. Encore a-t-il fallu, au préalable, la nommer chanoinesse pour qu’elle put pénétrer au Château. Que n’a-t-il, dès son mariage, confiné dans la douillette retraite des douairières, cette femme d’un autre âge et d’un autre règne! Il n’a, d’ailleurs, aucune peine à la tenir désormais à l’écart. Sissi choisit, seule, le prénom de cette fille qu’elle pourra, cette fois, élever à son gré, et qu’elle chérira d’autant: Marie-valérie.

SA FIN

DERNIER AIR OFFICIEL

rodolphephoto1okLes apparitions de l’impératrice dans l’Empire sont, on le sait, rares depuis la mort de Rodolphe et quand elle vient à Vienne, elle descend à la Villa Hermès et non à la Hofburg. Elle n’en sort que pour assister à des cérémonies funèbres, faire un pèlerinage à Mayerling où un Carmel a été installé à la place du bâtiment détruit, suivre les obsèques d’Andrassy, « son dernier et unique ami ». Elle a bien aussi, en novembre 1897, présidé à Vienne un grand dîner offert en l’honneur du Prince héritier de Russie, le futur Nicolas Il. Mais sa grande, quoique fugitive rentrée, c’est en Hongrie qu’elle la fera.
En juin 1896, la Hongrie célèbre son millénaire en même temps que l’anniversaire du couronnement de François-Joseph et d' »Erzebeth » avec le même décorum médiéval. Toutes les villes et tous les comitats ont envoyé une délégation que précède la traditionnelle bannière armoriée. Le défilé est long et magnifique; tout s’accorde et s’harmonise: beauté racée des montures, prestance des cavaliers, éclat des tenues brodées, des armes ciselées, fourrures et harnais. La couronne de Saint Etienne reposant sur un coussin de velours rouge est portée dans un carrosse que tirent huit pur-sang à robe blanche. C’est la réplique des cérémonies de 1867. Un tel rappel ne peut qu’être douloureux au cour d’Elisabeth qui avait d’abord refusé de venir, mais qui a cédé aux supplications. Lors de l’inauguration du monument de Marie-Thérèse, devant lequel elle passe, Rodolphe était à son côté… Cependant, les cris qui retentissent, la vénération qui se lit dans tous les yeux, l’admiration qui s’exprime dans tous les gestes, l’enthousiasme d’un peuple qui n’a pas oublié, qui lui rend ce qu’elle lui a donné, lui fait, un instant, écarter son chagrin et dominer son horreur du cérémonial. Elle est la reine, authentiquement la reine de cette nation hongroise qui repousse la violence et méprise la flatterie. Alors que les chants retentissent, que les discours officiels se déchaînent et s’enchaînent, que des ovations se répètent, elle se tient toute droite, le visage blanc d’émotion, serrée dans sa robe de jais, les cheveux dissimulés sous un voile de deuil, le cou orné d’un collier de perles noires; elle apparaît comme la victime expiratoire offerte à la foule en liesse et aux dieux altérés de la Cité. La fête terminée, la reine de Hongrie dira à son époux: « Il me semble avoir mille ans, moi aussi ».

LA DUCHESSE D’ALENCON

L’année suivante, un nouveau et brutal coup du sort la viendra frapper. Le 6 mai 1897, alors qu’elle se trouve à Lainz, Elisabeth apprend que, la veille, sa s?ur Sophie est morte brûlée vive, à Paris, dans l’incendie du Bazar de la Charité, victime d’une invention toute récente, mais appelée à un grand avenir, et qu’expérimentent alors les Louis Lumière et les Georges Méliès: le cinématographe. Sophie, ses fiançailles rompues avec Louis de Bavière, a épousé le duc d’Alençon, prince français, petit-fils de Louis-Philippe. Le Bazar de la Charité est l’une de ces ventes mondaines dont le produit est destiné aux pauvres mais dont les comptoirs sont tenus par les dames de la Société. Le clou de la manifestation est une projection de « Photographies animées, la plus merveilleuse découverte du siècle, donnant l’illusion de la réalité ». Soudain, une pellicule en celluloïd prend feu. C’est dans la fumée et l’affolement, la ruée sur les portes rares, étroites, qui s’ouvrent en dedans et que l’on a, par comble d’imprudence, doublées de tambours pour éviter les courants d’air. Les boiseries et les tentures s’enflamment. Les gens sont transformés en torches vivantes. Peu peuvent échapper à ce supplice qui réduit en tas de cendres les plus grands noms de l’Armorial. Ce qui reste de Sophie est identifié au milieu de chairs calcinées grâce a ses bijoux et à ses dents. Malgré l’habitude qu’elle a de la souffrance, cette nouvelle accable Sissi et la laisse désespérée. C’est une ronde sanglante qui tourne autour de son front: son fils Rodolphe s’est suicidé; son beau-frère Maximilien est tombé sous les balles d’un peloton d’exécution; sa belle-soeur Charlotte est devenue folle de douleur; son cousin Louis s’est noyé dans les eaux du lac de Starnberg; son beau-frère, le comte Trani s’est misérablement tué, à Zurich, dans une chambre d’hôtel; son cousin Jean de Toscane s’est perdu en mer; sa nièce, l’archiduchesse Mathilde est morte aussi brûlée vive, et c’est maintenant sa propre s?ur qui subit le même sort! Le Destin s’acharne sur les siens, le crime, le suicide, la démence viennent errer autour de sa famille comme les Furies d’Hellas aux portes du Palais de Mycènes. A qui le tour maintenant? Il n’y a plus qu’elle, c’est vers elle que se tendent ces mains osseuses qui l’invitent à prendre place dans leur cercle macabre, c’est à elle que sourient lamentables, ces masques décharnés. Comment ne pas évoquer à son propos les paroles que Sophocle met dans la bouche d’Antigone lorsqu’elle s’adresse à sa soeur Ismène : « Depuis longtemps je suis morte à la vie, et ne peux plus servir que les morts. »

L’IDÉE DU DESTIN

sissivivanteokDès lors, l’idée du Destin n’abandonne plus Elisabeth dont l’esprit nourrit des pensées funèbres. Elle est convaincue qu’elle mourra, elle aussi, de mort violente. Elle a rayé les mots d’espoir et de joie de son langage. A ces tortures morales, s’ajoutent les maux physiques: troubles circulatoires qui lui gonflent les mains, ces belles mains longues, fines, presque diaphanes; inflammation des nerfs; dilatation du cœur. Son teint se fane, ses traits s’accusent, son écriture se déforme. Après un séjour à Biarritz, en fin de saison, elle passe à Paris le début de l’hiver 1897-1898 avec ses deux soeurs, Marie, l’ex-reine de Naples, et Mathilde, la veuve du comte Trani. Elle y fête Noël et son soixantième anniversaire, puis s’envole pour San Remo dont elle se lasse vite. Le 1er mars, elle est à Territet, le mois suivant à Kissingeri, où, bien qu’elle ne croie plus guère à la médecine et que les charlatans l’aient déçue, elle attend d’une cure thermale le soulagement de ses nerfs. François-Joseph, qui l’y retrouve quelques jours, est effrayé par les signes trop visibles de sa mauvaise santé. Mais le couple que la mort va bientôt dénouer, trouve à cette heure, une harmonie jusqu’alors refusée. Il semble qu’Elisabeth veuille oublier ses griefs et faire taire sa rancoeur, car elle a besoin d’apaisement et cherche une illusion de paix. Elle tente de prolonger ce temps de grâce, mais l’Empereur doit regagner Vienne. Elle va alors s’installer à Ischl où François-Joseph la rejoint chaque samedi pour le week-end. C’est dans cette petit station alpestre, lieu de leur première rencontre, que ces deux époux, que la vie n’a pas réussi à durablement unir, se verront pour la dernière fois, le 16 juillet 1898. Car Elisabeth part pour les bains de Nauheim puis revient à Territet où, le 30 août, elle s’installe au Grand Hôtel de Caux, sur une côte d’où l’on domine le plan d’eau du lac qui mire, le jour, dans la splendeur persistante de l’été, un ciel sans couture et la nuit, laisse traîner comme une écharpe oubliée, le flot d’un blanc laiteux que lui verse la lune.

PRÉMONITIONS

Sissi a débarqué à Caux accompagnée du général de Berzeviczy, de la comtesse Staray, de Barker son nouveau lecteur grec et d’une suite réduite de dames d’honneur et de domestiques portant l’habituelle livrée noire. La nuit même de son arrivée, alors qu’elle goûte à son balcon la fraîcheur retombée, le regard perdu dans l’ombre, elle croit percevoir une forme claire, transparente, fantomatique qui la regarde fixement et s’évapore aussitôt. Il s’agit, le doute n’est pas possible, de la Dame Blanche qui vient annoncer un autre malheur. Quel malheur pourrait encore la frapper, elle qui a perdu tous les êtres chers? C’est elle que la mort viendra prendre bientôt. Dans les moments tragiques de l’histoire des Habsbourg, la messagerie funèbre a présenté son pli: en 1621, à la veille de la guerre de trente ans; en 1740, à la mort de l’Empereur Charles VI, quand les Habsbourg furent sur le point de perdre l’Empire; en 1809, Wagram; en 1866, Sadowa. Une semaine plus tard, alors qu’elle pèle une pêche, un corbeau, frôlant en volant la main de la souveraine, fait tomber le fruit. Nouvel avertissement, même prémonition? « Je n’ai pas peur, je suis fataliste, dit Elisabeth, il n’arrivera que ce qui doit arriver. » Ce qui devait ou ne devait pas arriver, arrivera deux jours après.
Que pense-t-elle de la mort? Elle l’a dit à Marie-Valérie. « Je désire la mort, je ne la crains pas, car je ne puis croire qu’il existe une Puissance assez cruelle pour ajouter aux souffrances de cette vie et continuer à tourmenter l’âme lorsque celle-ci a quitté le corps. » Pourrait-elle refuser cette grâce suprême qui abrégera sa douleur en l’achevant elle-même? Que peut encore lui réserver la vie – des misères physiques et des tortures morales, la déchéance de la vieillesse, le délabrement progressif de cette beauté dont elle prit tant de soin. C’est le repos que sa détresse cherche, seulement le repos. Elle n’attend ni ne souhaite rien de plus. Tout juste, dit-elle encore à Marie-Valérie, une ouverture ménagée au dessus de son tombeau pour apercevoir un peu de soleil et un peu de verdure et entendre au printemps le gazouillis des oiseaux. Cependant, le propos qu’elle tient, la veille même de son assassinat, à la comtesse Staray, est moins poétique et laisse percer une pointe d’effroi. Comme sa darne d’honneur soutient que l’au-delà apporte la félicité et la paix, l’impératrice réplique – « D’où tenez-vous cela; personne n’en est jamais revenu? » Sissi sentait-elle sa fin si proche?

UN INCONNU S’AVANCE

La baronne de Rotschild a invité l’impératrice à déjeuner dans sa propriété de Pregny, à côté de Genève. Elle propose à son invitée de l’envoyer prendre par son bateau. Refus. La raison en est que Madame de Rotschild interdit à son personnel d’accepter des pourboires. Cette règle paraît abusive à Elisabeth qui a toujours une pièce d’or à la main. Elle prendra comme tout le monde le vapeur de la compagnie de navigation. Sissi mourra de cette délicate attention domestique.
Le 9 septembre, par un temps clair et chaud, l’impératrice emprunte le bateau qui suit la côte suisse sur toute sa longueur en égrenant les villages qui la bordent, coquets, fleuris de géraniums, de capucines et de zannis, avec, chacun, son embarcadère, ses mouettes et sa flottille de barques. Les châteaux doublent les ports. Si elle laisse derrière elle Chillon et le cachot d’un Bonnivard devenu byronien à titre posthume, la démocratique passagère voit défiler Morges que dessina Vauban, Nyon, Prangins qui évoque les Bonaparte, Coppet qui abrita Madame de Staël, leur ennemie. Une voiture la conduit de Genève à Pregny.
sissiassassinatokLe lendemain 10 septembre, Elisabeth qui est descendue à l’hôtel Beaurivage et qui a occupé sa matinée à faire des emplettes et à déguster ces glaces dont elle fait grande consommation, se dirige, aux environs d’une heure et demie de l’après-midi, vers l’embarcadère pour retourner à Caux. Elle suit, en compagnie de Madame de Staray, le quai du Mont Blanc dont elle admire les marronniers. Au moment où retentit la cloche du départ, alors que les deux femmes pressent un peu le pas, un inconnu qui s’avance en sens inverse frappe Elisabeth d’un coup violent à la poitrine et s’enfuit. Elle se demande ce que cet homme pouvait lui vouloir, sans doute lui voler sa montre. Elle continue de marcher, mais à peine a-t-elle franchi la passerelle qu’elle s’affaisse sur sang: l’impératrice d’Autriche a reçu trois pouces d’une lame triangulaire dans le cœur. Ramenée à l’hôtel, elle expire en y arrivant.
L’assassin a tout de suite été arrêté par deux passants qui l’ont pris en chasse. C’est un sujet italien, Luigi Luccheni, un maçon venu travailler aux chantiers de Lausanne où l’on construit la grande Poste. Il se déclare anarchiste, et ajoute qu’il a agi seul; ce deuxième point s’avérera être faux. Les idées anarchistes répandues dans la dernière décade du dernier siècle par Kropotkine, un prince, et Bakounine, un comte, russes tous les deux, avaient gagné des adeptes dans le prolétariat méditerranéen. La doctrine refusait toute autorité comme oppressive, tenait toute obéissance pour une abdication, toute propriété pour un vol, tout engagement pour une chaîne. Elle prêchait la propagande par le fait et l’action directe, mettait le crime au service de la Révolution. Les victimes désignées de cette justice prétendue et sommaire sont les heureux de ce monde, les puissants de la terre, et au premier chef ceux qui incarnent l’Etat détesté, quelle qu’en soit la forme, car il est « l’ostentation et l’infatuation de la force ». L’assassinat, le 24 juin 1894, du président Carnot, qui tombe sous le poignard de Caserio, ceux de Stamboulov l’année suivante et de Canovas, en 1897, sont l’illustration de cette philosophie.
Il n’y a chez Luccheni aucune haine personnelle contre Elisabeth. Il serait vain de chercher dans le cœur de cet Italien une révolte contre l’Autriche qui opprima si longtemps sa patrie. Son meurtre est abstrait. Il voulait tuer un monarque, peu lui importait lequel. Cet illuminé est aveugle. S’il ne manifeste aucun regret, il dira au contraire sa joie d’avoir réussi quand il saura que sa victime est morte, il se montre très loquace sur la préparation de l’attentat. Trop pauvre pour acheter un couteau, il a enfoncé une lime dans un manche de bois. Guettant l’impératrice dont il avait appris la présence à Genève, il avait vu les domestiques porter les bagages et en avait justement conclu que celle-ci prendrait le bateau de 3 heures 40. Il n’aura aucun souci d’apprendre qu’il a stupidement tué une femme gracieuse et bonne, compatissante aux proscrits, charitable aux malheureux et bienveillante aux humbles. Anarchiste? Elle l’était peut-être plus que lui. Par contre, cet enfant trouvé, élevé à l’orphelinat, ce caporal rétrogradé parce qu’il a volé, ce fanatique qui s’est cru une mission, ce dégradé qui comparait sa situation à celle du capitaine Dreyfus, ne révélera pas que, le 5 septembre, s’est tenue à Thonon une réunion anarchiste au cours de laquelle la mort de l’impératrice a été décidée. Condamné à la réclusion perpétuelle, puisque le canton de Genève a aboli la peine de mort, Luccheni s’exécutera lui-même en se pendant dans sa cellule quelques années plus tard.

CHRONOLOGIE

Statue de Sissi à Territet

1828:Mariage de l’Archiduc Charles et de Sophie de Bavière.

Mariage de Maximilien, Duc en Bavière, et de la Duchesse Ludowika, 9 septembre.

1830: Naissance de François-Joseph à Schönbrunn, 18 août.

1832: Naissance de Maximilien d’Autriche.

1833: Naissance de Charles-Louis d’Autriche.

1837: Naissance d’Elisabeth de Bavière (Sissi), Munich, 24 décembre.

1845: Naissance de Louis II de Bavière, 24 avril.

1848: François-joseph est sacré Empereur d’Autriche, 2 décembre.

1853: Fiançailles de François-joseph et d’Élisabeth, 16 août.

1854: Mariage de François-joseph et d’Élisabeth, Vienne, 24 avril.

1855: Naissance de Sophie, 1e fille du couple impériale, 5 mars.

1856: Naissance de Gisèle, 2ème fille du couple impériale, 12 juillet.

Voyage de réconciliation en Italie.

1857: Voyage de réconciliation en Hongrie.

Mort de Sophie, fille aînée du couple impériale, 28 mai.

1858: Naissance de Rodolphe à Laxenbourg, 21 août.

1859: Guerre d’Italie, Magenta, 4 juin; Solferino, 24 juin.

1860: Départ d’Elisabeth pour Madère, 17 novembre.

1861: Retour de Madère, mai ; départ pour la Grèce, juin.

1862: Retour d’Elisabeth à Vienne, 14 août.

1866: Sadowa, 3 juillet.

1867: Sacre de Budapest, 8 juin.

Exécution de Maximilien à Quretaro (Mexique), 19 juin.

1868: Naissance de Marie-Valérie, 3ème fille du couple impériale, 22 avril.

1872: Mort de l’archiduchesse Sophie, 27 mai.

1873: Mariage de Gisèle avec le prince Léopold de Bavière.

1881: Mariage de L’archiduc Rodolphe et de la princesse Stéphanie de Belgique, 10 mai.

1886: Mort de Louis II de Bavière, 13 juin.

1888: Mort du Duc Max en Bavière.

1889: Mayerling, suicide de l’archiduc Rodolphe, 30 janvier.

1890: Mariage de Marie-Valérie avec l’archiduc François-Salvador, 31 juillet.

Construction de l’Achilleion à Corfou.

1892: Mort de la duchesse Ludowika, 26 janvier.

1896: Fêtes du millénaire de la Hongrie.

1897: Mort de la duchesse d’Alençon, sœur d’Elisabeth, 4mai.

1898: Assassinat d’Elisabeth à Genève, 10 septembre.

1914: Attentat à Sarajevo contre l’archiduc, 28 juin.

1916: Mort de François-joseph, 21 novembre.


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